...................Elle distribuait rapidement les feuilles. Un beau rouge attirait mon regard « C'est super ! Des photocopies en couleur !» (tellement rare..). C'était une affiche de propagande qu'on allait étudier ce jour-là. Une affiche qui avait été collé sur tous les murs de Paris en 1944, afin de faire taire la Resistance. Elle nous montre des visages de pseudo-criminels, mal coiffés, étrangers, violents... J'avais dejà vu ce document auparavant, au collège, mais je ne l'avais observé de cette manière. Ces membres de la Resistance étaient si jeunes, pourtant si courageux et déterminés dans la LIbération du pays: quelle ironie du sort, il a fallu que des individus d'origine étrangère se battent pour les français qui eux, se contentaient juste d'obéir et de subirent. Je ne pouvais plus quitter leur visage de mes yeux: des visages qui n'inspiraient que l'innocence et la paix, car oui, ils ont tout de même réussi à sourire avant leur mort... Ils ont rit, et ils étaient sereins, car ils ne semblaient regretter aucun de leurs gestes. Je suis fascinée par ces membres, et pleine d'admiration. Et j'imagine, je nous imagine, nous, les jeunes d'aujourd'hui, comment aurait-on réagit sous une dictature aussi repressive que celle d'Hitler ? Bien sûr, on dit que nous aurions pris les armes, qu'on serait allés se battre contre cette idéologie inhumaine, que nous aurions tout fait pour arrêter cette guerre injuste... Mais en réalité, combien aurions-nous été à défendre le pays et la justice ? Je doute fort qu'on aurait été nombreux... Vraiment.
Qu'est-ce que l'on ressent lorsqu'on est attaché à une planche de bois, immobilisé, les yeux bandés, comme s'il n'y avait aucun droit de voir la lumière du jour une derniere fois ? Est-ce qu'ils avaient peur de la mort à cet instant ? Quelles étaient leurs dernieres pensées ? Tant de question sans réponse. Cependant, dieu merci aujourd'hui, ils sont vus comme des Héros de la guerre, une lutte pour des valeurs nobles ayant une fin tragique. Fascination, fascination. Les hommes naissent et s'entretuent, peut-on dire que les hommes naissent pour s'entretuer ? « La Der des Der » Et pourtant, la guerre et la souffrance sont toujours là, comme si notre espèce était maudite. L'humanité se bat contre ce qu'elle croit être un devoir, une fierté qui mène toujours au conflit: quand est-ce que les hommes vont comprendre que le partage et la diversité font de nous des êtres merveilleux et exceptionnels ? Et nous, bande de fourmis, on ne vaut pas mieux que des microbes. On est trop bête. Et c'est vrai.
Documentaire sur l'
Affiche Rouge:
[1] [2] [3] [4] Bande Annonce du film l'
Armée du Crime, prévu pour le 16/09
Je vous conseille vivement de découvrir cette histoire. Car c'est NOTRE Histoire.
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Voici les lettres des différents membres du groupe Manouchian qu'ils ont écrit à leur famille quelques heures avant leur éxécution. C'est un fait touchant et magnifique. Il nous serait impossible de nous lasser de ces lettres, tout comme il nous serait impossible de verser une larme en les lisant.
La plus célèbre, Manouchiant à sa femme :
« Ma Chère Mélinée, ma petite orpheline bien-aimée,
Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.
Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... J'ai un regret profond de ne t'avoir pas rendue heureuse, j'aurais bien voulu avoir un enfant de toi, comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre, sans faute, et d'avoir un enfant pour mon bonheur, et pour accomplir ma dernière volonté, marie-toi avec quelqu'un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je les lègue à toi à ta s½ur et à mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en tant que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l'armée française de la libération.
Avec l'aide des amis qui voudront bien m'honorer, tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d'être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible à mes parents en Arménie. Je mourrai avec mes 23 camarades tout à l'heure avec le courage et la sérénité d'un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n'ai fait de mal à personne et si je l'ai fait, je l'ai fait sans haine. Aujourd'hui, il y a du soleil. C'est en regardant le soleil et la belle nature que j'ai tant aimée que je dirai adieu à la vie et à vous tous, ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m'ont fait du mal ou qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous a trahis pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendus. Je t'embrasse bien fort ainsi que ta s½ur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon c½ur. Adieu. Ton ami, ton camarade, ton mari.
Manouchian Michel.
P.S. J'ai quinze mille francs dans la valise de la rue de Plaisance. Si tu peux les prendre, rends mes dettes et donne le reste à Armène. M. M. »
Marcel Rajman à sa mère et son frère :
« Ma chère petite maman,
Quand tu liras cette lettre, je suis sûr qu'elle te fera une peine extrême, mais je serai mort depuis un certain temps et tu seras consolée par mon frère qui vivra heureux avec toi et te donnera toute la joie que j'aurais voulu te donner.
Excuse-moi de ne pas t'écrire plus longuement, mais nous sommes tous tellement joyeux que cela m'est impossible quand je pense à la peine que tu ressens. Je ne puis te dire qu'une chose, c'est que je t'aime plus que tout au monde et que j'aurais voulu vivre rien que pour toi. Je t'aime, je t'embrasse, mais les mots ne peuvent dépeindre ce que je ressens.
Ton Marcel qui t'adore et qui pensera à toi à la dernière minute. Je t'adore et vive la vie.
Mon cher Simon,
Je compte sur toi pour faire tout ce que je ne puis faire moi-même. Je t'embrasse, je t'adore, je suis content, vis heureux, rends Maman heureuse comme j'aurais voulu le faire si j'avais vécu. Vive la vie belle et joyeuse comme vous l'aurez tous. Préviens mes amis et mes camarades que je les aime tous. Ne fais pas attention si ma lettre est folle mais je ne peux pas rester sérieux.
J'aime tout le monde et vive la vie. Que tout le monde vive heureux.
Maman et Simon, je vous aime et voudrais vous revoir.
Marcel. »
Célestino Alfonso à sa famille:
« Mes chers parents, soeurs et frère,
Ma chère femme et fils,
Aujourd'hui, à 3 heures, je serai fusillé. Je ne suis qu'un soldat qui meurt pour la France. Je vous demande beaucoup de courage comme j'en ai moi-même : ma main ne tremble pas, je sais pourquoi je meurs et j'en suis très fier. Ma vie a été un peu courte, mais j'espère que la vôtre sera plus longue. Je ne regrette pas mon passé, si je pouvais revivre, je serais encore le premier. Je voudrais que mon fils ait une belle instruction, à vous tous vous pourrez réussir.
Ma chère femme, tu vendras mes vêtements pour te faire un peu d'argent. Dans mon colis, tu trouveras 450 francs que j'avais en dépôt à Fresnes.
Mille baisers pour ma femme et mon fils.
Mille baisers pour tous.
Adieu à tous.
Célestino Alfonso. »
Et comment je fais pour foutre un article aussi dramatique sur wall orné d'onigiris, de calamars, d'étoiles, de chats, de champignons, de glaces totalement kawaii, totalement enfantins ? (><"")